Toi

T’as d’lamour 

T’as des jours de pluies, de tempêtes et d’orages

T’as des jours de soleil, t’es en tongues et tu relaxes 

T’as des jours de grandes formes et des petits jours de grandes tristesses 

T’es là, t’existes, tu respires, tu te bats 

Enfin, tu le fais plus ou moins 

Et puis un jour, t’as un bébé

T’as pas le choix, pour lui faut foncer 

T’arrêtes d’empiler tes vieux démons sous ton grand tapis imaginaire 

Tu t’en occupes 

Tu nettoies tes placards

Tu tries tes amis, ta famille et certains s’en vont d’eux mêmes 

Beh oui, comprend les t’es devenue obsédée du nichon, on te demande souvent pourquoi t’es extrémiste comme ça

Pourquoi t’allaites encore 

Tu gênes tout le monde à refuser de punir ton enfant comme il faut

Fous le au coin ça ramènera la paix dans ta maison

Et t’as pas honte, de le laisser dormir avec toi? Il aura pas de ptit frère et il dormira toujours aussi mal 

T’as pas cette sensation, t’as juste des convictions  

Tu dis rien, tu fais juste les choses à ta façon 

Ça décoiffe un peu tout le monde 

Ça bouscule les habitudes

Ça titille leur enfance 

Ça insulte leur éducation 

Ça accuse leur parent 

Ça fait mal tu comprends ?

Tu sais tout ça, t’es pas née avec tes convictions 

T’as juste décidé d’arrêter de répéter l’Histoire 

Tes parents ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient, ce qu’ils savaient

Tu les aimes pas moins, tu les comprends

T’acceptes, tu pardonnes

Mais toi, tu feras autrement

T’es vigilante sur les discours que tu entends, tu es bouleversée par la violence que tu voies 

Et malheureusement, tu ne dis rien 

et s’ils sont choqués par ton mode de vie,

Tu l’es encore plus par le leur

Mais toi, tu les laisses faire et tu ne dis rien 

Elodie Escande

 

Ecouter et transmettre: le métier que j’ai dans la peau …

Je suis diplômée d’une université Australienne en communication, j’ai vécu (étudié et travaillé) 4 années à Perth , en Australie Occidentale. Dans cette vie australienne, j’ai fait des rencontres multi-culturelles, surtout Népalaises, une de mes destinations favorite puisque mes amies y vivent aujourd’hui. 

Travailler, enfin!

Après mes études, je retourne à la Réunion. j’y trouve un emploi d’animatrice socio culturelle dans une association de mon quartier. Association où j’allais enfant, association où ma maman animait un atelier de théâtre. Quelques heures par semaine à faire des additions et écouter des enfants déclamer des poèmes. Notre chance à cette époque, nous pouvions faire cela dehors, profiter du soleil : parler très fort, agiter les bras, théâtraliser ces poèmes pour qu’ils soit mémorisés. J’ai rencontré des parents à bout, des parents investis, un papa désemparé et son petit génie de fils. Lui, venait de perdre sa maman, ce qui restait de sa famille était imprégnée d’une souffrance que je ne peux qu’imaginer. Et lui, était toujours aussi intelligent, souriant, présent et actif. L’enfance. 

Les bonnes rencontres.

Puis, j’ai quitté l’association, enfin pas vraiment, je suis devenue journaliste reporter d’images. Une longue histoire, un coup de chance. Je fais enfin le métier dont je rêve : journaliste. Euh! Attends! On me donne une caméra et un micro, on m’explique qu’il me faut des écouteurs pour vérifier le son. Euh! Je fais quoi ? Tu sais, à la Réunion le chômage c’est la norme, je n’allais pas refuser ce job, sûrement pas. Même si je n’avais aucune idée de comment j’allais assimiler tout ça. Pour te dire, honnêtement, j’ai été embauchée pour faire des captations de spectacles. J’ai commencé par faire ça. J’étais debout, toute une nuit, derrière une caméra que je tournais parfois à gauche à droite. Dans cette entreprise, une chaîne de télévision locale, il y avait aussi un jt. Je ne sais plus bien comment ça s’est fait, mais un jour la rédactrice en chef m’a demandé de travailler pour elle. Elle m’a expliqué ce que je devait faire, elle a pris une feuille et ma montré les différentes valeurs de plans que je devais filmer à chaque fois. Mais pour commencer, avant de faire des reportages complets, je faisais des interviews et je ramenais quelques plans de coupes. J’ai commencé comme cela, doucement avec pour seule certitude la confiance de ma rédactrice en chef, et l’aide de mes collègues (magiques ces collègues) Et puis, j’étais ultra motivée. Je devais m’accrocher, j’étais moins payée que les autres, je travaillais avec ma propre voiture, je ne comptais pas mes heures mais j’étais heureuse de le faire. À la fin de mon contrat dans cette entreprise, le JT a doucement disparu. De mon côté, je devenais pigiste pour les autres médias de l’île. Quel bonheur d’être recommandée, qu’on me fasse confiance, de pouvoir travailler avec un caméraman, un monteur, un ingénieur du son, mais que c’était génial !!! Et puis, quel honneur de lire ou d’entendre mon nom au début d’un sujet. J’étais fière, les enfants de l’association l’étaient aussi, nous ne nous sommes pas quittés. Je leur proposais des ateliers audiovisuels, ils assistaient à des enregistrements d’émissions – le tout bénévolement. 

La pause. 

En arrivant à Toulouse, après plusieurs candidatures infructueuses, je me suis dit que je devais peut-être changer de carrière, faire autre chose. Mais, je n’y arrive pas. J’ai beaucoup réfléchis, cherché, postulé dans d’autres domaines. Je ne trouve pas, je n’ai pas trouvé. Je ne veux pas être autre chose que moi, la petite fille de 12 ans qui voulait être journaliste. Je ne veux pas la décevoir, elle a fait une longue pause ces dernières années. Tu sais ce que je faisais à 12 ans? Je m’allongeais par terre dans le salon, je regardais le JT, avec une feuille et un stylo et je prenais des notes. Enfant, avant de savoir écrire, je savais raconter des histoires. Je les dictais à maman, c’est elle qui écrivait.

Attends, on rembobine! 

La révélation, c’est quand j’ai commencé à faire du terrain et écrire pour la fac, pour notre magazine en ligne et pour les devoirs. Bon, j’avais la pression car mes interviews étaient en anglais, mais je me suis vite habituée. Une fois à La Réunion, faire du terrain dans ma langue maternelle, c’était comme être libre. Simplement libre (ah et je n’avais pas à répéter certains mots à cause de mon accent français)

Il y a eu des portes fermées, des insultes, des tournages ratés, des questions gênantes …. mais je ne m’en rappelle pas en détails. Je ne m’en rappelle pas aussi bien que ce jour où une dame m’a proposé un verre d’eau alors que je faisais du porte à porte pour trouver des témoignages sur une histoire de vols dans un quartier. Elle m’a fait entrer chez elle, car elle a vu que j’étais épuisée. Entre le soleil et les multiples « non », face à elle et à son « non », je lui ai dit que ma matinée était compliquée, j’ai été franche, je n’attendais plus qu’elle change d’avis (mouais, un peu au fond) Je crois que ce jour je suis rentrée bredouille, (avec des images d’illustrations seulement) Mais cette rencontre, et ce verre d’eau m’ont aidé à passer au reportage suivant sans trop de regrets.

Aux suivants

 Je pense que nous avons tous, une histoire, qui vaut la peine d’être partagée, racontée. Je pense que ta vie est importante, que tu dois partager ce que tu as vécu, ce qui te rends unique.

Moi j’ai envie de vivre, d’être heureuse, de rire et de bien manger. Pas toi? J’ai besoin de partager, d’échanger et de mettre en valeur « l’autre » c’est mon cadeau à l’univers. Je suis maman d’un petit garçon de 2 ans très intelligent à qui je fais découvrir le monde, à qui je parle avec des mots « compliqués ». Mon histoire, c’est l’histoire d’une maman qui a un jour perdu pied, trop seule trop fatiguée. Mon fils m’a enseigné plein de choses: qu’il faut regarder les gens dans les yeux quand ils nous parlent, et que nous avons besoin de « l’autre » pour vivre. Besoin d’échanger, de partager et d’écouter.

Je travaille en ce moment sur des portraits vidéos d’ingénieurs, de pâtissiers et d’entrepreneurs. Et toi, c’est quoi ton histoire ? 

A bientôt 🙂

 

 

S’engager, informer, valoriser!

En ce moment je ne pense qu’à ça: M’engager pour une cause qui me tient à coeur. Informer, les personnes qui m’entourent, et valoriser les parcours d’hommes et de femmes (qui ont quitté La Réunion pour s’installer ici, « dans péÏ la frais » comme on dit chez nous. )

Cette cause, c’est la cause de la femme, de la maman qui un jour se retrouve dans une souffrance dont elle ignorait l’existence. L’effondrement maternel, la dépression du postpartum, les phobies de pulsion, la psychose puerpérale … j’ai besoin d’en parler, d’accompagner et de soutenir. Je suis sur le point de rejoindre l’association Mamanblues.fr. Mais je me demande si je le fais pour les bonnes raisons, je ne sais pas. Je ne sais pas si je le fais pour moi ou vraiment pour aider les autres.

Mais je me lance, j’informe sur mon compte Instagram. Je pose des questions, alors si la plupart des mamans connaissent l’existence de la dépression du postpartum, tout le reste est complètement flou. Je prépare des visuels à partager. Informer les parents, mais aussi l’entourage. Reconnaître certains signes, pour proposer un accompagnement adapté.  Quand une maman te dit : « ça fait une semaine que je n’ai pas dormi » il faut agir. Quand elle dit : « j’ai la nausée quand mon bébé pleure », il faut agir.

La difficulté maternelle s'exprime rarement ouvertement.Elle est ressentie comme une grande faute morale que l'on n'avoue à personne et difficilement à soi. De même qu'elle peut se c

Valoriser des histoires et d’hommes et de femmes que je rencontre. Comment? Je prépare des interviews vidéos, je filme, j’écoute et je partage. Ma première vidéo arrive bientôt.

J’ai beaucoup changé, j’ai appris tellement de choses. La dépression m’a transformée. Je refuse de penser que cet effondrement de tout mon âme, a été inutile. Que je n’ai rien appris. J’ai le sentiment profond d’être une meilleure personne, plus à l’écoute, plus raisonnable, moins exigeante. Devenir maman été un bouleversement intense, un tsunami émotionnel. La personne que j’étais avant, en colère tout le temps, toujours en demande d’affection de personnes/ d’amis/ proches qui un jour coupent tous les ponts sans rien expliquer. Ou, qui se permettent de te juger et de te coller des étiquettes, j’étais tour à tour: paresseuse, anxieuse, ingrate. Parfois je suis devenue mes étiquettes. Des accumulations de souffrances, de deuils, d’abandons, que je passais mon temps à oublier. Je pensais oublier, mais je préparais doucement mon effondrement, ma fin, puis mon réveil. La personne que j’étais est restée dans la salle d’opération le jour de la césarienne, je me suis éteinte et j’ai disparu, un robot de maman avait pris ma place.

Mais, aujourd’hui, je suis le printemps. Je suis la vie qui revient dans toutes choses. Je pardonne, mais je n’oublie pas. Mon passé fait parti de moi, mais il ne me définit pas. J’avance et je regarde droit devant.

Et toi, quoi de neuf que tu veux garder? Quoi de vieux que tu veux jeter?

 

Bon week-end. A bientôt