Toi

T’as d’lamour 

T’as des jours de pluies, de tempêtes et d’orages

T’as des jours de soleil, t’es en tongues et tu relaxes 

T’as des jours de grandes formes et des petits jours de grandes tristesses 

T’es là, t’existes, tu respires, tu te bats 

Enfin, tu le fais plus ou moins 

Et puis un jour, t’as un bébé

T’as pas le choix, pour lui faut foncer 

T’arrêtes d’empiler tes vieux démons sous ton grand tapis imaginaire 

Tu t’en occupes 

Tu nettoies tes placards

Tu tries tes amis, ta famille et certains s’en vont d’eux mêmes 

Beh oui, comprend les t’es devenue obsédée du nichon, on te demande souvent pourquoi t’es extrémiste comme ça

Pourquoi t’allaites encore 

Tu gênes tout le monde à refuser de punir ton enfant comme il faut

Fous le au coin ça ramènera la paix dans ta maison

Et t’as pas honte, de le laisser dormir avec toi? Il aura pas de ptit frère et il dormira toujours aussi mal 

T’as pas cette sensation, t’as juste des convictions  

Tu dis rien, tu fais juste les choses à ta façon 

Ça décoiffe un peu tout le monde 

Ça bouscule les habitudes

Ça titille leur enfance 

Ça insulte leur éducation 

Ça accuse leur parent 

Ça fait mal tu comprends ?

Tu sais tout ça, t’es pas née avec tes convictions 

T’as juste décidé d’arrêter de répéter l’Histoire 

Tes parents ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient, ce qu’ils savaient

Tu les aimes pas moins, tu les comprends

T’acceptes, tu pardonnes

Mais toi, tu feras autrement

T’es vigilante sur les discours que tu entends, tu es bouleversée par la violence que tu voies 

Et malheureusement, tu ne dis rien 

et s’ils sont choqués par ton mode de vie,

Tu l’es encore plus par le leur

Mais toi, tu les laisses faire et tu ne dis rien 

Elodie Escande

 

Mon brouillard

Mon brouillard

Je me réveille et tu es là. Enfin, j’ouvre les yeux, parce que depuis des mois, je ne dors pas.

Toi, tu es prêt. Comme moi, tu ne connais pas le repos. Tu t’immisces dans mon esprit et tu souffles de toutes tes forces. Dans ce tourbillon qui m’enveloppe, les voix sont multiples, bruyantes, rapides, confuses:

« Et si il arrête de respirer, tu fais quoi? »

« Et si il tombe, si il s’étouffe »

« Méfie toi »

« Garde les yeux ouverts »

« C’est à toi seul de t’occuper de lui »

«Et de toute façon tu es seule »

Mon brouillard

Personne ne te vois, personne sauf moi. Tu es là, vicieux, stressé, et moi, je ne bouge pas. Je t’écoute et j’attends que la tempête passe. Sauf que, tu n’as pas envie de t’arrêter, tu seras là pendant de longues heures. Des journées interminables, des semaines, des mois, de nombreux mois. Tu es accroché à mon esprit, et puis finalement tu le contrôles. Tu es fort, plus fort que moi, pendant longtemps tu le seras.

Comment en sommes nous arrivés là?  Toi, le brouillard si épais qu’il me fait naviguer sans repères et moi, la pauvre petite qui a l’air moins capable que les autres. Celle qui n’y arrive pas, c’est moi.

Celle dont on dit qu’elle est une maman poule, qu’elle a toujours l’air fatigué, que ses cheveux sont crasseux. C’est moi.

Celle que ses émotions font trembler pour finalement se retrouver, en pleurs, à terre dans le coin d’une pièce sombre, pendant que son bébé dort. C’est encore moi.

Celle a qui on a dit de laisser son enfant pleurer, qu’il n’en mourrai pas … Je vous ai entendu, et je suis transie de peur quand mon enfant pleure, d’angoisses, de nausées. Et en plus, votre jugement me fait me sentir encore plus coupable. Vous pensez m’aider, en me conseillant de laisser mon enfant pleurer, ça me paralyse. Je suis la maman coupable de trop prendre son fils dans ses bras, celle qui se promène enrobée dans un brouillard qu’elle ne choisi pas.

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Lecture qui me réconforte: « Sauve toi, la vie t’appelle » de Boris Cyrulnik

« La vie est folle n’est ce pas ? C’est pour ça qu’elle est passionnante. Imaginez que nous soyons équilibrés dans une existence paissible, il n’y aurait ni événement, ni crise, ni trauma à surmonter, de la routine uniquement, rien à mettre en mémoire; nous ne serions même pas capable de découvrir qui nous sommes. Pas d’événements donc pas d’histoire, pas d’identité. Nous ne pourrions pas dire : « voila ce qui m’est arrivé, je sais qui je suis puisque je sais ce dont je suis capable face à l’adversité. »

Boris Cyrulnik, il me semble qu’il a toujours les mots justes. J’aime le lire depuis des années, maintenant que je suis maman, il m’aide aussi à mieux comprendre mon enfant (du point de vue de la neurosciences) Et puis; j’apprends à accepter ma propre enfance. « Sauve toi, la vie t’appelle » est à lire et à partager sans modération.

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Et toi? Comment tu vas ?

Mon bébé pleure

Sais-tu, que le son de ta voix résonne dans tout mon être

Sais-tu, que lorsque tu pleures, je me sens vaciller

Je me sens basculer, mais je dois me ressaisir, je dois être forte

Je dois te parler

Tu vas voir, on va y arriver

À nous trois, toi, ton papa et moi

Ici tout est si nouveau pour toi

l’espace est immense

Il n’y a plus de limite, il n’y a plus de liquide

Ton monde a changé

J’entends ton chagrin, ta détresse, où était-ce de l’inquiétude ?

À la sortie de la maternité, notre bébé a pleuré toutes les nuits pendant ses 3 premiers mois. En fin de journée, jusqu’à ce qu’il trouve le sommeil vers parfois 1 heure du matin. De gros chagrins qui nous ont épuisés, inquiétés et surtout qui nous ont appris à lui parler. Nous lui chantions des chansons, tout doucement à l’oreille. Évidemment pendant deux à trois heures de pleurs, chanter ne suffisait pas. J’avais pour habitude de lui décrire ce nouveau monde, lui parler du ciel, de son immensité, lui parler du soleil de la lune. J’avais l’impression qu’il était primordial qu’il sache où il était. Pour moi, la césarienne avait été un peu traumatisante, c’était comme si on l’avait arraché à son petit monde, si parfait, si chaleureux et surtout créé sur mesure pour lui, là-bas (enfin ici) dans mon ventre, tout était à sa dimension, petit, il pouvait agiter les bras, les tendre et toujours arriver à une limite.

À sa sortie, arraché à son monde si douillet, tout était nouveau et immense. Il a beau tendre les bras, rien n’est à sa portée, ce monde n’en finit pas .

Je me suis découverte une sagesse et une patience que j’ignorais, je me suis mise à parler à mon bébé pendant des heures. Nous faisions parfois le point sur la journée, ce qu’il avait vu, les personnes qu’il avait rencontrées, ce qu’il avait appris.

J’avais peur de ses pleurs, j’étais inquiète, nous étions seuls, mon mari et moi, mais le fait de parler à notre bébé nous a énormément aidé.

*Photo d’illustration source Internet

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Papa

Avant, je vivais dans un monde lointain. J’habitais, dans l’imaginaire de ces personnes qui sont aujourd’hui mes parents.

J’attendais que tu trouves maman, que tu arrives à la convaincre que tu allais toujours l’aimer, et m’aimer moi aussi.

Je t’ai observé, je t’ai choisi

Je cherchais quelqu’un qui m’aimerai sans conditions

Même si je pleure pendant des heures

Même quand j’envoie tout balader

Ou que je ris aux éclats sans raison.

Je cherchais un papa bienveillant

Qui écouterai son coeur et le mien aussi

Un papa patient

Je cherchais celui qui me maternerai comme une maman

Un papa, pour faire du cheval sur son dos

Un papa, qui me ferai manger les bons legumes du marché

Un papa qui ne crie pas, qui ne frappe pas

Un papa qui me parle

Des explications très longues, mais au moins comme ca, je te comprends

Et puis je t’ai trouvé, dans la longue liste des futurs papas.

Je me suis dit: « tient, lui, il m’a l’air parfait »

Te souviens tu papa ? Notre première rencontre a été magique. Enfin, je te prenais dans mes bras, la tête contre ton coeur. Il n’y avait que nous, et quelques dames qui m’ont trouvé très curieux, les yeux vifs à regarder de tous les cotés. Qu’est ce qu’on était bien tous les deux, un énorme câlin magique qui m’a apaisé. Moi, j’étais heureux et tranquille. Mais toi, tu avais l’air un peu perdu. Alors, une des dames t’as conseillé de me parler, elle t’as dit que je connaissais ta voix. Mais oui papa! bien-sûre que je te connais!

Moi, en arrivant dans le ventre de maman, je t’ai transformé en papa, mon papa rien qu’à moi. Te souviens tu, de cet autre jour magique ou tu as entendu mon coeur battre pour la premiere fois ? Ce jour la, tu es devenu père.

Un an déjà mon cher papa.

Un an, que tu me donnes le bain, que tu m’habilles, que tu fais ma lessive sans produits toxiques, que tu changes mes couches et que tu essuies mes fesses avec de l’huile d’olive toute douce. Tu prends tellement bien soin de moi que je n’ai jamais eu de bobos dans la couche.

Un an, de longues promenades le long du canal du midi, ce n’est pas seulement pour voir les filles, c’est surtout pour être avec toi.

Un an, de chansons et de musique. J’adore la guitare et comme toi j’aime chanter. C’est vrai que je ne sais pas encore parler, et te dire merci est compliqué, mais je sais tout ce que tu fais, je le vois et je suis un bébé heureux.

Tu m’as appris tellement de choses déjà, si tu veux bien continuer comme ça, moi je suis d’accord.

 

Mon fils

À ta naissance, j’ai découvert l’amour inconditionnel. Quelque chose qui m’a complètement surprise et bouleversée, overwhelmed comme ils disent en anglais.

J’étais complètement submergée, dépassée par tant d’amour. Je ne savais pas qu’on pouvait tant aimer.

Et toi, à mon réveil je t’ai vu, enfin, je t’ai tellement attendu.

Nous étions 3 dans la pièce , ton père et ma maman. Mais, c’est vers moi que tu t’es tourné.  Vers moi. (Ca y est je verse ma larme) Tu m’as choisi, encore, tu me regardes et tu ouvres la bouche, tu la refermes, tu ouvres , tu continues et tu me fixes. Tu es calme.

Je suis surprise, tu as quelques heures, je ne sais plus combien, ma longue sieste après la césarienne ma déboussolée. Tu es tout petit, à peine 3 kilos et tant de volonté, tu y mets toute ta force, tu y  mets tout ton cœur, tu me parles.

Je demande à ta grand mère de regarder. Qu’est-ce que tu peux bien faire? Elle me dit que tu as faim. Ah bon? Il sait dire qu’il a faim! Il sait me choisir dans une pièce, il sait tourner la tête vers moi … Il sait dire qu’il a faim. Je suis surprise. Tu sais te faire comprendre et je ne peux pas ignorer les choses que tu sais dire.

C’était notre deuxième tétée et depuis, le jour comme la nuit, on ne les compte plus.