Mon brouillard

Mon brouillard

Je me réveille et tu es là. Enfin, j’ouvre les yeux, parce que depuis des mois, je ne dors pas.

Toi, tu es prêt. Comme moi, tu ne connais pas le repos. Tu t’immisces dans mon esprit et tu souffles de toutes tes forces. Dans ce tourbillon qui m’enveloppe, les voix sont multiples, bruyantes, rapides, confuses:

« Et si il arrête de respirer, tu fais quoi? »

« Et si il tombe, si il s’étouffe »

« Méfie toi »

« Garde les yeux ouverts »

« C’est à toi seul de t’occuper de lui »

«Et de toute façon tu es seule »

Mon brouillard

Personne ne te vois, personne sauf moi. Tu es là, vicieux, stressé, et moi, je ne bouge pas. Je t’écoute et j’attends que la tempête passe. Sauf que, tu n’as pas envie de t’arrêter, tu seras là pendant de longues heures. Des journées interminables, des semaines, des mois, de nombreux mois. Tu es accroché à mon esprit, et puis finalement tu le contrôles. Tu es fort, plus fort que moi, pendant longtemps tu le seras.

Comment en sommes nous arrivés là?  Toi, le brouillard si épais qu’il me fait naviguer sans repères et moi, la pauvre petite qui a l’air moins capable que les autres. Celle qui n’y arrive pas, c’est moi.

Celle dont on dit qu’elle est une maman poule, qu’elle a toujours l’air fatigué, que ses cheveux sont crasseux. C’est moi.

Celle que ses émotions font trembler pour finalement se retrouver, en pleurs, à terre dans le coin d’une pièce sombre, pendant que son bébé dort. C’est encore moi.

Celle a qui on a dit de laisser son enfant pleurer, qu’il n’en mourrai pas … Je vous ai entendu, et je suis transie de peur quand mon enfant pleure, d’angoisses, de nausées. Et en plus, votre jugement me fait me sentir encore plus coupable. Vous pensez m’aider, en me conseillant de laisser mon enfant pleurer, ça me paralyse. Je suis la maman coupable de trop prendre son fils dans ses bras, celle qui se promène enrobée dans un brouillard qu’elle ne choisi pas.

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Lecture qui me réconforte: « Sauve toi, la vie t’appelle » de Boris Cyrulnik

« La vie est folle n’est ce pas ? C’est pour ça qu’elle est passionnante. Imaginez que nous soyons équilibrés dans une existence paissible, il n’y aurait ni événement, ni crise, ni trauma à surmonter, de la routine uniquement, rien à mettre en mémoire; nous ne serions même pas capable de découvrir qui nous sommes. Pas d’événements donc pas d’histoire, pas d’identité. Nous ne pourrions pas dire : « voila ce qui m’est arrivé, je sais qui je suis puisque je sais ce dont je suis capable face à l’adversité. »

Boris Cyrulnik, il me semble qu’il a toujours les mots justes. J’aime le lire depuis des années, maintenant que je suis maman, il m’aide aussi à mieux comprendre mon enfant (du point de vue de la neurosciences) Et puis; j’apprends à accepter ma propre enfance. « Sauve toi, la vie t’appelle » est à lire et à partager sans modération.

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Et toi? Comment tu vas ?

Maman, tu as le droit d’être fatiguée!

Ce message est pour toi, la maman épuisée. Je peux te regarder droit dans les yeux et te dire que c’est compliqué. Ne crois pas tout ce que tu vois sur les réseaux sociaux, les maisons bien rangées, les bébés au lit tôt: tout semble calme, propre et si facile pour les autres. Les jeunes mamans au ventre plat, au brushing impeccable, combien de fois t’ont-elles fait te sentir incapable?

Ce message est pour toi la maman épuisée. Éloigne toi de ces images de vie parfaite. Sont-elles seulement vraies?

Tu fais de ton mieux et tu aimes tes bébés ! Tu allaites à la demande, tu ne les laisses pas pleurer . Ce que tu fais, c’est les laisser explorer. Tu les accompagnes dans la découverte des goûts, des fruits et des légumes. Alors oui, ça crée un énorme chahut. Et comme tu n’es pas un robot aspirateur de jouets, ta maison n’est pas tout le temps bien rangée.

Dans ta famille on partage tout, les journées et les nuits aussi. Le sommeil partagé t’a sauvé la vie. Un tel investissement cela peut être épuisant et c’est toute ta vie de femme qui devient alors compliquée. Mais regarde, tes enfants sont tellement heureux, libres et indépendants pourquoi ferais tu autrement ?

Avec tes enfants, tu es patiente. Tu ne cries pas, tu ne secoues pas, tu ne tapes pas. Tu observes, tu analyses, tu es bienveillante. Mais alors, avec toi même, c’est une autre histoire. Tu es trés exigeante. Sais-tu seulement, que tu as le droit de te trompe?  Tu as aussi le droit d’être fatiguée, et de le dire.

Ce message est pour toi chère maman épuisée, tu ne sais pas ce qui se passe dans les autres foyers. Derrière ces belles photos, lisses, à la limite de la carte postale, que se passe t-il?  Ces personnes ne vivent pas comme toi, vous n’avez pas le même passé ou encore la même aide au quotidien. Tu ne peux pas lui envier sa vie de carte postale, ces quelques images que tu vois passer, ça ne fonctionne pas comme ça.

Dans ta relation avec ton enfant, tu es l’adulte responsable. Tu dois maitriser tes colères et tes angoisses, tu ne veux pas que ton enfant souffre à cause d’une de tes faiblesses. Mais tout cela tu le sais, et tu fais un travail incroyable sur toi même. Une introspection sans pareil, tu es une super maman. Et cela, même si ce n’est pas facile tous les jours.

Écoute moi maman, tu es belle, tu es grande, tu es forte. Ton enfant ne voudrait pas d’une autre maman que toi.

À sa vie, tu es essentielle. Et dans ce monde tu es unique.

Hey maman! Hey papa! Si tu as besoin d’encouragements ou de mots doux, viens me voir on discute ❤ abonne toi

Mon fils (2)

Je t’ai vu sursauter

Je t’ai vu avoir peur

Je t’ai vu chercher ma main dans le noir

Je t’ai vu t’apaiser, grâce, à une toute petite caresse

À des touts petits mots

Je te dis que je suis là, que je te protège, que je t’aime

je t’aimerai toute ma vie

Que je t’aime le matin, le midi, le soir

Lorsque je dors aussi

Il suffit d’un changement dans ta façon de respirer

Et je me réveille

Il suffit d’un mouvement inhabituel et je ne dors plus

Je te surveille

Comme à notre rencontre

Te souviens tu?

Je t’ai regardé les yeux pleins d’amour et d’admiration

je t’ai regardé et j’ai oublié de dormir

J’ai oublié de manger

J’ai oublié

Tu m’avais envoutée

Ce sort que tu m’as jeté

Je ne veux pas m’en défaire

Je veux seulement te rassurer

Te raconter comme ce monde est beau

Te dire que dehors le vent souffle, il agite les feuilles des arbres

Cette jolie danse tu pourra en profiter bientôt

Voir les fleurs, sentir leur parfum

Et découvrir notre monde,

Ce monde immense qui t’impressionnes parfois

Quand tu seras prêt, je le serai aussi.