Protégé : Se battre

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Le jour où j’ai arrêté de dormir

Le 17 juin 2016. C’est le jour où j’ai arrêté de dormir. En quasiment 2 ans je ne dormais jamais plus de 2heures d’affilées.

Souvent, j’endormais le petit puis je passais la nuit à m’inquiéter de sa façon de respirer. J’avais peur qu’il arrête de respirer, j’avais le cœur qui serrait, qui palpitait. La gorge nouée, la nausée. Le moindre changement dans sa façon de respirer, me réveillait de toute façon. Doucement, j’ai arrêté de dormir. Quand mon fils s’endormait vers 23h, je restais là, trop angoissée, trop apeurée pour pouvoir dormir.

Et si jamais je fermais l’œil, à 4h du matin j’étais réveillée pour le reste de la journée. Je sortais du lit, j’allais faire du pain, ou regarder la télé. De 23h à 4h, mon fils se réveillait toutes les 2 heures pour téter.

Tu connais la peur? Tu penses connaître l’angoisse, puis un jour tu «accouches », on t’ouvre le ventre, on arrache ton fils, il ne pleure pas. Tu ne l’entends pas, tu t’affoles, tu le réclames, tu demandes apeurée « pourquoi il ne pleure pas? Il se passe quoi? » On te dit de lui donner un peu de temps à ce bébé, et toi tu ne dormiras plus jamais. Il se met finalement à pleurer, on te dit que c’est un beau bébé. Ah bon? Tu le vois à peine, les nausées sont trop fortes, tu vomis. Tu n’arrives pas à le voir. Toi, tu le découvriras 2heures après, tout habillé. Mon bébé est né tout habillé, avec un bonnet sur la tête. 2 heures à le réclamer, je suis éveillée, je vais bien, je le réclame tellement que finalement… on me laisse le voir. Mon bébé est né, il est arrivé devant moi dans un berceau avec ce fameux bonnet. À notre première rencontre, mon bébé est venu tout habillé, et ça mon cerveau ne la jamais accepté, ce n’est pas comme cela que je l’avais imaginé. Depuis ce jour, les nausées, la peur de ses pleurs, et l’insomnie ne m’ont jamais quitté. La cicatrice de ma césarienne, en 2 ans, je l’ai regardé peut-être 3 fois. Parce que je la déteste, pas la peine de me dire que j’ai de la chance d’avoir un beau bébé. J’ai échoué. Mon corps a échoué et une partie de mon âme et restée là-bas, dans cette salle d’opération où mon bébé a tardé à pleuré, dans ce lieu où je n’ai pas pu le voir, le toucher, l’embrasser.

 

PS: je vais beaucoup mieux aujourd’hui, j’ai juste encore besoin de parler de tout ça, deux après j’en suis encore là.

Je veux m’excuser pour le long silence, désolée. Nous avons été très occupés avec le baptême/ anniversaire de bébé. J’ai aussi eu la visite de 2 de mes frères et soeurs, ainsi que de ma petite nièce de 7 mois. C’était un vrai plaisir de la rencontrer. J’espère que vous aussi vous allez bien, ou mieux.

Mon fils

À ta naissance, j’ai découvert l’amour inconditionnel. Quelque chose qui m’a complètement surprise et bouleversée, overwhelmed comme ils disent en anglais.

J’étais complètement submergée, dépassée par tant d’amour. Je ne savais pas qu’on pouvait tant aimer.

Et toi, à mon réveil je t’ai vu, enfin, je t’ai tellement attendu.

Nous étions 3 dans la pièce , ton père et ma maman. Mais, c’est vers moi que tu t’es tourné.  Vers moi. (Ca y est je verse ma larme) Tu m’as choisi, encore, tu me regardes et tu ouvres la bouche, tu la refermes, tu ouvres , tu continues et tu me fixes. Tu es calme.

Je suis surprise, tu as quelques heures, je ne sais plus combien, ma longue sieste après la césarienne ma déboussolée. Tu es tout petit, à peine 3 kilos et tant de volonté, tu y mets toute ta force, tu y  mets tout ton cœur, tu me parles.

Je demande à ta grand mère de regarder. Qu’est-ce que tu peux bien faire? Elle me dit que tu as faim. Ah bon? Il sait dire qu’il a faim! Il sait me choisir dans une pièce, il sait tourner la tête vers moi … Il sait dire qu’il a faim. Je suis surprise. Tu sais te faire comprendre et je ne peux pas ignorer les choses que tu sais dire.

C’était notre deuxième tétée et depuis, le jour comme la nuit, on ne les compte plus.