Toi

T’as d’lamour 

T’as des jours de pluies, de tempêtes et d’orages

T’as des jours de soleil, t’es en tongues et tu relaxes 

T’as des jours de grandes formes et des petits jours de grandes tristesses 

T’es là, t’existes, tu respires, tu te bats 

Enfin, tu le fais plus ou moins 

Et puis un jour, t’as un bébé

T’as pas le choix, pour lui faut foncer 

T’arrêtes d’empiler tes vieux démons sous ton grand tapis imaginaire 

Tu t’en occupes 

Tu nettoies tes placards

Tu tries tes amis, ta famille et certains s’en vont d’eux mêmes 

Beh oui, comprend les t’es devenue obsédée du nichon, on te demande souvent pourquoi t’es extrémiste comme ça

Pourquoi t’allaites encore 

Tu gênes tout le monde à refuser de punir ton enfant comme il faut

Fous le au coin ça ramènera la paix dans ta maison

Et t’as pas honte, de le laisser dormir avec toi? Il aura pas de ptit frère et il dormira toujours aussi mal 

T’as pas cette sensation, t’as juste des convictions  

Tu dis rien, tu fais juste les choses à ta façon 

Ça décoiffe un peu tout le monde 

Ça bouscule les habitudes

Ça titille leur enfance 

Ça insulte leur éducation 

Ça accuse leur parent 

Ça fait mal tu comprends ?

Tu sais tout ça, t’es pas née avec tes convictions 

T’as juste décidé d’arrêter de répéter l’Histoire 

Tes parents ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient, ce qu’ils savaient

Tu les aimes pas moins, tu les comprends

T’acceptes, tu pardonnes

Mais toi, tu feras autrement

T’es vigilante sur les discours que tu entends, tu es bouleversée par la violence que tu voies 

Et malheureusement, tu ne dis rien 

et s’ils sont choqués par ton mode de vie,

Tu l’es encore plus par le leur

Mais toi, tu les laisses faire et tu ne dis rien 

Elodie Escande

 

Le jour où j’ai arrêté de dormir

Le 17 juin 2016. C’est le jour où j’ai arrêté de dormir. En quasiment 2 ans je ne dormais jamais plus de 2heures d’affilées.

Souvent, j’endormais le petit puis je passais la nuit à m’inquiéter de sa façon de respirer. J’avais peur qu’il arrête de respirer, j’avais le cœur qui serrait, qui palpitait. La gorge nouée, la nausée. Le moindre changement dans sa façon de respirer, me réveillait de toute façon. Doucement, j’ai arrêté de dormir. Quand mon fils s’endormait vers 23h, je restais là, trop angoissée, trop apeurée pour pouvoir dormir.

Et si jamais je fermais l’œil, à 4h du matin j’étais réveillée pour le reste de la journée. Je sortais du lit, j’allais faire du pain, ou regarder la télé. De 23h à 4h, mon fils se réveillait toutes les 2 heures pour téter.

Tu connais la peur? Tu penses connaître l’angoisse, puis un jour tu «accouches », on t’ouvre le ventre, on arrache ton fils, il ne pleure pas. Tu ne l’entends pas, tu t’affoles, tu le réclames, tu demandes apeurée « pourquoi il ne pleure pas? Il se passe quoi? » On te dit de lui donner un peu de temps à ce bébé, et toi tu ne dormiras plus jamais. Il se met finalement à pleurer, on te dit que c’est un beau bébé. Ah bon? Tu le vois à peine, les nausées sont trop fortes, tu vomis. Tu n’arrives pas à le voir. Toi, tu le découvriras 2heures après, tout habillé. Mon bébé est né tout habillé, avec un bonnet sur la tête. 2 heures à le réclamer, je suis éveillée, je vais bien, je le réclame tellement que finalement… on me laisse le voir. Mon bébé est né, il est arrivé devant moi dans un berceau avec ce fameux bonnet. À notre première rencontre, mon bébé est venu tout habillé, et ça mon cerveau ne la jamais accepté, ce n’est pas comme cela que je l’avais imaginé. Depuis ce jour, les nausées, la peur de ses pleurs, et l’insomnie ne m’ont jamais quitté. La cicatrice de ma césarienne, en 2 ans, je l’ai regardé peut-être 3 fois. Parce que je la déteste, pas la peine de me dire que j’ai de la chance d’avoir un beau bébé. J’ai échoué. Mon corps a échoué et une partie de mon âme et restée là-bas, dans cette salle d’opération où mon bébé a tardé à pleuré, dans ce lieu où je n’ai pas pu le voir, le toucher, l’embrasser.

 

PS: je vais beaucoup mieux aujourd’hui, j’ai juste encore besoin de parler de tout ça, deux après j’en suis encore là.

Je veux m’excuser pour le long silence, désolée. Nous avons été très occupés avec le baptême/ anniversaire de bébé. J’ai aussi eu la visite de 2 de mes frères et soeurs, ainsi que de ma petite nièce de 7 mois. C’était un vrai plaisir de la rencontrer. J’espère que vous aussi vous allez bien, ou mieux.

Maman, tu as le droit d’être fatiguée!

Ce message est pour toi, la maman épuisée. Je peux te regarder droit dans les yeux et te dire que c’est compliqué. Ne crois pas tout ce que tu vois sur les réseaux sociaux, les maisons bien rangées, les bébés au lit tôt: tout semble calme, propre et si facile pour les autres. Les jeunes mamans au ventre plat, au brushing impeccable, combien de fois t’ont-elles fait te sentir incapable?

Ce message est pour toi la maman épuisée. Éloigne toi de ces images de vie parfaite. Sont-elles seulement vraies?

Tu fais de ton mieux et tu aimes tes bébés ! Tu allaites à la demande, tu ne les laisses pas pleurer . Ce que tu fais, c’est les laisser explorer. Tu les accompagnes dans la découverte des goûts, des fruits et des légumes. Alors oui, ça crée un énorme chahut. Et comme tu n’es pas un robot aspirateur de jouets, ta maison n’est pas tout le temps bien rangée.

Dans ta famille on partage tout, les journées et les nuits aussi. Le sommeil partagé t’a sauvé la vie. Un tel investissement cela peut être épuisant et c’est toute ta vie de femme qui devient alors compliquée. Mais regarde, tes enfants sont tellement heureux, libres et indépendants pourquoi ferais tu autrement ?

Avec tes enfants, tu es patiente. Tu ne cries pas, tu ne secoues pas, tu ne tapes pas. Tu observes, tu analyses, tu es bienveillante. Mais alors, avec toi même, c’est une autre histoire. Tu es trés exigeante. Sais-tu seulement, que tu as le droit de te trompe?  Tu as aussi le droit d’être fatiguée, et de le dire.

Ce message est pour toi chère maman épuisée, tu ne sais pas ce qui se passe dans les autres foyers. Derrière ces belles photos, lisses, à la limite de la carte postale, que se passe t-il?  Ces personnes ne vivent pas comme toi, vous n’avez pas le même passé ou encore la même aide au quotidien. Tu ne peux pas lui envier sa vie de carte postale, ces quelques images que tu vois passer, ça ne fonctionne pas comme ça.

Dans ta relation avec ton enfant, tu es l’adulte responsable. Tu dois maitriser tes colères et tes angoisses, tu ne veux pas que ton enfant souffre à cause d’une de tes faiblesses. Mais tout cela tu le sais, et tu fais un travail incroyable sur toi même. Une introspection sans pareil, tu es une super maman. Et cela, même si ce n’est pas facile tous les jours.

Écoute moi maman, tu es belle, tu es grande, tu es forte. Ton enfant ne voudrait pas d’une autre maman que toi.

À sa vie, tu es essentielle. Et dans ce monde tu es unique.

Hey maman! Hey papa! Si tu as besoin d’encouragements ou de mots doux, viens me voir on discute ❤ abonne toi

Mon fils

À ta naissance, j’ai découvert l’amour inconditionnel. Quelque chose qui m’a complètement surprise et bouleversée, overwhelmed comme ils disent en anglais.

J’étais complètement submergée, dépassée par tant d’amour. Je ne savais pas qu’on pouvait tant aimer.

Et toi, à mon réveil je t’ai vu, enfin, je t’ai tellement attendu.

Nous étions 3 dans la pièce , ton père et ma maman. Mais, c’est vers moi que tu t’es tourné.  Vers moi. (Ca y est je verse ma larme) Tu m’as choisi, encore, tu me regardes et tu ouvres la bouche, tu la refermes, tu ouvres , tu continues et tu me fixes. Tu es calme.

Je suis surprise, tu as quelques heures, je ne sais plus combien, ma longue sieste après la césarienne ma déboussolée. Tu es tout petit, à peine 3 kilos et tant de volonté, tu y mets toute ta force, tu y  mets tout ton cœur, tu me parles.

Je demande à ta grand mère de regarder. Qu’est-ce que tu peux bien faire? Elle me dit que tu as faim. Ah bon? Il sait dire qu’il a faim! Il sait me choisir dans une pièce, il sait tourner la tête vers moi … Il sait dire qu’il a faim. Je suis surprise. Tu sais te faire comprendre et je ne peux pas ignorer les choses que tu sais dire.

C’était notre deuxième tétée et depuis, le jour comme la nuit, on ne les compte plus.