Ecouter et transmettre: le métier que j’ai dans la peau …

Je suis diplômée d’une université Australienne en communication, j’ai vécu (étudié et travaillé) 4 années à Perth , en Australie Occidentale. Dans cette vie australienne, j’ai fait des rencontres multi-culturelles, surtout Népalaises, une de mes destinations favorite puisque mes amies y vivent aujourd’hui. 

Travailler, enfin!

Après mes études, je retourne à la Réunion. j’y trouve un emploi d’animatrice socio culturelle dans une association de mon quartier. Association où j’allais enfant, association où ma maman animait un atelier de théâtre. Quelques heures par semaine à faire des additions et écouter des enfants déclamer des poèmes. Notre chance à cette époque, nous pouvions faire cela dehors, profiter du soleil : parler très fort, agiter les bras, théâtraliser ces poèmes pour qu’ils soit mémorisés. J’ai rencontré des parents à bout, des parents investis, un papa désemparé et son petit génie de fils. Lui, venait de perdre sa maman, ce qui restait de sa famille était imprégnée d’une souffrance que je ne peux qu’imaginer. Et lui, était toujours aussi intelligent, souriant, présent et actif. L’enfance. 

Les bonnes rencontres.

Puis, j’ai quitté l’association, enfin pas vraiment, je suis devenue journaliste reporter d’images. Une longue histoire, un coup de chance. Je fais enfin le métier dont je rêve : journaliste. Euh! Attends! On me donne une caméra et un micro, on m’explique qu’il me faut des écouteurs pour vérifier le son. Euh! Je fais quoi ? Tu sais, à la Réunion le chômage c’est la norme, je n’allais pas refuser ce job, sûrement pas. Même si je n’avais aucune idée de comment j’allais assimiler tout ça. Pour te dire, honnêtement, j’ai été embauchée pour faire des captations de spectacles. J’ai commencé par faire ça. J’étais debout, toute une nuit, derrière une caméra que je tournais parfois à gauche à droite. Dans cette entreprise, une chaîne de télévision locale, il y avait aussi un jt. Je ne sais plus bien comment ça s’est fait, mais un jour la rédactrice en chef m’a demandé de travailler pour elle. Elle m’a expliqué ce que je devait faire, elle a pris une feuille et ma montré les différentes valeurs de plans que je devais filmer à chaque fois. Mais pour commencer, avant de faire des reportages complets, je faisais des interviews et je ramenais quelques plans de coupes. J’ai commencé comme cela, doucement avec pour seule certitude la confiance de ma rédactrice en chef, et l’aide de mes collègues (magiques ces collègues) Et puis, j’étais ultra motivée. Je devais m’accrocher, j’étais moins payée que les autres, je travaillais avec ma propre voiture, je ne comptais pas mes heures mais j’étais heureuse de le faire. À la fin de mon contrat dans cette entreprise, le JT a doucement disparu. De mon côté, je devenais pigiste pour les autres médias de l’île. Quel bonheur d’être recommandée, qu’on me fasse confiance, de pouvoir travailler avec un caméraman, un monteur, un ingénieur du son, mais que c’était génial !!! Et puis, quel honneur de lire ou d’entendre mon nom au début d’un sujet. J’étais fière, les enfants de l’association l’étaient aussi, nous ne nous sommes pas quittés. Je leur proposais des ateliers audiovisuels, ils assistaient à des enregistrements d’émissions – le tout bénévolement. 

La pause. 

En arrivant à Toulouse, après plusieurs candidatures infructueuses, je me suis dit que je devais peut-être changer de carrière, faire autre chose. Mais, je n’y arrive pas. J’ai beaucoup réfléchis, cherché, postulé dans d’autres domaines. Je ne trouve pas, je n’ai pas trouvé. Je ne veux pas être autre chose que moi, la petite fille de 12 ans qui voulait être journaliste. Je ne veux pas la décevoir, elle a fait une longue pause ces dernières années. Tu sais ce que je faisais à 12 ans? Je m’allongeais par terre dans le salon, je regardais le JT, avec une feuille et un stylo et je prenais des notes. Enfant, avant de savoir écrire, je savais raconter des histoires. Je les dictais à maman, c’est elle qui écrivait.

Attends, on rembobine! 

La révélation, c’est quand j’ai commencé à faire du terrain et écrire pour la fac, pour notre magazine en ligne et pour les devoirs. Bon, j’avais la pression car mes interviews étaient en anglais, mais je me suis vite habituée. Une fois à La Réunion, faire du terrain dans ma langue maternelle, c’était comme être libre. Simplement libre (ah et je n’avais pas à répéter certains mots à cause de mon accent français)

Il y a eu des portes fermées, des insultes, des tournages ratés, des questions gênantes …. mais je ne m’en rappelle pas en détails. Je ne m’en rappelle pas aussi bien que ce jour où une dame m’a proposé un verre d’eau alors que je faisais du porte à porte pour trouver des témoignages sur une histoire de vols dans un quartier. Elle m’a fait entrer chez elle, car elle a vu que j’étais épuisée. Entre le soleil et les multiples « non », face à elle et à son « non », je lui ai dit que ma matinée était compliquée, j’ai été franche, je n’attendais plus qu’elle change d’avis (mouais, un peu au fond) Je crois que ce jour je suis rentrée bredouille, (avec des images d’illustrations seulement) Mais cette rencontre, et ce verre d’eau m’ont aidé à passer au reportage suivant sans trop de regrets.

Aux suivants

 Je pense que nous avons tous, une histoire, qui vaut la peine d’être partagée, racontée. Je pense que ta vie est importante, que tu dois partager ce que tu as vécu, ce qui te rends unique.

Moi j’ai envie de vivre, d’être heureuse, de rire et de bien manger. Pas toi? J’ai besoin de partager, d’échanger et de mettre en valeur « l’autre » c’est mon cadeau à l’univers. Je suis maman d’un petit garçon de 2 ans très intelligent à qui je fais découvrir le monde, à qui je parle avec des mots « compliqués ». Mon histoire, c’est l’histoire d’une maman qui a un jour perdu pied, trop seule trop fatiguée. Mon fils m’a enseigné plein de choses: qu’il faut regarder les gens dans les yeux quand ils nous parlent, et que nous avons besoin de « l’autre » pour vivre. Besoin d’échanger, de partager et d’écouter.

Je travaille en ce moment sur des portraits vidéos d’ingénieurs, de pâtissiers et d’entrepreneurs. Et toi, c’est quoi ton histoire ? 

A bientôt 🙂

 

 

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Mon secret

Il y a toujours deux versions à une histoire. C’est drôle, dans ce monde tout est question de perception. De point de vue. Je vais te parler d’un sujet très personnel, intime même. 

L’intuition – tu connais?

Selon le Larousse, intuition signifie:

  • Connaissance directe, immédiate de la vérité, sans recours au raisonnement, à l’expérience.
  • Sentiment irraisonné, non vérifiable qu’un événement va se produire, que quelque chose existe : Avoir l’intuition d’un danger.

Certains qualifient cela de don, pour moi c’est un genre de poison qui abîme ma vie. À force de trop savoir, trop tôt. J’arrive, de façon déconcertante à identifier les motivations d’une personne, à prévoir son comportement, ses paroles, sa manipulation. Souvent je raconte à mon mari ma perception d’un événement, il doute, puis les choses arrivent. Comme je les imagine, à dire vrai, je me suis trompée une fois (mais bon, là, cette histoire là n’est pas finie …) Mais imagine un peu vivre en permanence, et pour différentes personnes, avec ce sentiment qu’un danger arrive, qu’il y a un truc qui cloche.

C’est une vie déconcertante. Qui a commencé très tôt et qui m’épuise, souvent, j’aimerai ne pas savoir. Alors, je ne suis pas médium, voyante ou autre. Je raisonne très vite et très loin. Je devine. Je perçois les sous entendus. Je tombe toujours sur les regards en coin, les yeux levés au ciel qu’on pense discrets, les petites phrases chuchotées. Je tombe dessus, toujours. Alors, pourquoi ? Je ne sais pas. Je sais juste qu’on mon cerveau voit les problèmes arriver de très très loin. Et évidemment, comme pour le cordonnier, cette intuition ne marche pas sur moi. Je ne me devine pas. Je sais pour mon mari, mon fils, mes parents, mes proches, les inconnus à qui je parle pendant un moment. C’est déjà, croyez moi, vraiment vraiment beaucoup. C’est trop.

Entendre un mot, capturer un regard et avoir la capacité d’écrire ce qui va se passer, pas juste le lendemain mais sur 2/3 années ( et parfois bien plus). Mon cerveau a cette faculté de perception depuis ma petite enfance. Il faut d’ailleurs que je m’y penche, essayer de m’en défaire un peu, et vivre naïvement.

Ça doit être bien de ne pas savoir.  De ne pas voir les problèmes des personnes que l’on aime arriver. Cela doit être reposant, de ne pas être la seule personne dans un groupe à se méfier de quelqu’un. Je me rappelle ado, je disais à maman ou à mes soeurs: « attention, cette personne va te causer des ennuis. » Il suffit d’une seule, et brève rencontre. Le temps passe, dans ces cas là pas bien longtemps, et puis boum. Quand je dis ennuis, évidement je ne parle pas de petites querelles.

Inconsciemment, un mot n’est pas juste un mot. Si je ne suis pas fatiguée ou inquiète, je vis une conversation en pleine conscience, j’assimile chaque mot, chaque pause, chaque virgule, une intonation qui varie me fait sursauter, je suis ultra présente, et j’absorbe. Ah oui, écouter, entendre … je vais bien au delà. Une phrase, puis 2 … alimentent un système de pensée qui est bien plus rapide que moi, je ne suis aussi rapide pour rien d’autre.

Et quand tu as une intuition, tu en fais quoi ?

Eh bien, il y a des gens qui ne veulent pas savoir : « Quand même! je suis grand- ce n’est pas à mon âge que ce genre de chose va m’arriver » « pourquoi te mettre dans un état pareil ? Tu veux me protéger ? mais de quoi?Il ne va rien se passer »

Puis, le classique : « Tu te fais des films! » Et, ce que ma maman me dit : « surtout ne t’en mêles pas, laisse les vivre cela jusqu’au bout. » Je ne sais pas si c’est parce que c’est maman qui le dit, mais ça je n’y arrive pas, j’ai le sentiment de devoir protéger, mettre en garde, avertir. Mais il est vrai que, les gens n’aiment pas entendre autre chose que ce qu’ils ont envie d’entendre. Alors, une fois que j’ouvre ma bouche, je me retrouve sur la touche, on me met en quarantaine pour me punir. Et puis, tout se passe quand même, discrètement, avec moi assez loin pour ne pas voir. Mais de mon côté je continue à sentir, à ressentir ce qui se passe, je n’ai pas de vision, j’insiste. c’est vraiment de l’ordre de la pensée. C’est épuisant, je me dis maintenant que c’est maman qui a raison. Je dois peut-être laisser   faire/ être/ mentir/ trahir/ abuser et rester bien tranquille dans ma vie à moi.

Alors, je ne veux pas te faire peur. Tu peux me parler librement et peut-être que je passerai à autre chose. . . bon, j’ai un doute. Je ne le fais peut-être pas avec tout le monde, je suis parfois, peut-être normale.

Et toi, comment ça se passe chez toi ? Est-ce que tu as ce genre de sensation, est-ce que il te semble ressentir des choses, lire en certaines personnes? Comment on fait pour vivre avec ça? J’ai besoin de savoir comment continuer à vivre avec tout ce la sans que ça ne devienne une contrainte (comme c’est le cas aujourd’hui)

Je partage vite, et je file à la crèche.

S’engager, informer, valoriser!

En ce moment je ne pense qu’à ça: M’engager pour une cause qui me tient à coeur. Informer, les personnes qui m’entourent, et valoriser les parcours d’hommes et de femmes (qui ont quitté La Réunion pour s’installer ici, « dans péÏ la frais » comme on dit chez nous. )

Cette cause, c’est la cause de la femme, de la maman qui un jour se retrouve dans une souffrance dont elle ignorait l’existence. L’effondrement maternel, la dépression du postpartum, les phobies de pulsion, la psychose puerpérale … j’ai besoin d’en parler, d’accompagner et de soutenir. Je suis sur le point de rejoindre l’association Mamanblues.fr. Mais je me demande si je le fais pour les bonnes raisons, je ne sais pas. Je ne sais pas si je le fais pour moi ou vraiment pour aider les autres.

Mais je me lance, j’informe sur mon compte Instagram. Je pose des questions, alors si la plupart des mamans connaissent l’existence de la dépression du postpartum, tout le reste est complètement flou. Je prépare des visuels à partager. Informer les parents, mais aussi l’entourage. Reconnaître certains signes, pour proposer un accompagnement adapté.  Quand une maman te dit : « ça fait une semaine que je n’ai pas dormi » il faut agir. Quand elle dit : « j’ai la nausée quand mon bébé pleure », il faut agir.

La difficulté maternelle s'exprime rarement ouvertement.Elle est ressentie comme une grande faute morale que l'on n'avoue à personne et difficilement à soi. De même qu'elle peut se c

Valoriser des histoires et d’hommes et de femmes que je rencontre. Comment? Je prépare des interviews vidéos, je filme, j’écoute et je partage. Ma première vidéo arrive bientôt.

J’ai beaucoup changé, j’ai appris tellement de choses. La dépression m’a transformée. Je refuse de penser que cet effondrement de tout mon âme, a été inutile. Que je n’ai rien appris. J’ai le sentiment profond d’être une meilleure personne, plus à l’écoute, plus raisonnable, moins exigeante. Devenir maman été un bouleversement intense, un tsunami émotionnel. La personne que j’étais avant, en colère tout le temps, toujours en demande d’affection de personnes/ d’amis/ proches qui un jour coupent tous les ponts sans rien expliquer. Ou, qui se permettent de te juger et de te coller des étiquettes, j’étais tour à tour: paresseuse, anxieuse, ingrate. Parfois je suis devenue mes étiquettes. Des accumulations de souffrances, de deuils, d’abandons, que je passais mon temps à oublier. Je pensais oublier, mais je préparais doucement mon effondrement, ma fin, puis mon réveil. La personne que j’étais est restée dans la salle d’opération le jour de la césarienne, je me suis éteinte et j’ai disparu, un robot de maman avait pris ma place.

Mais, aujourd’hui, je suis le printemps. Je suis la vie qui revient dans toutes choses. Je pardonne, mais je n’oublie pas. Mon passé fait parti de moi, mais il ne me définit pas. J’avance et je regarde droit devant.

Et toi, quoi de neuf que tu veux garder? Quoi de vieux que tu veux jeter?

 

Bon week-end. A bientôt

Vous revoir.

Il y a, à côté de mon marché, un leader price. Il est petit et facile à « naviguer » contrairement aux énormes centres commerciaux. J’y suis passée mercredi, et alors que je me dirige vers la caisse, mon regard croise celui d’une dame âgée. Elle tend le bras vers le haut du rayon. Je vais vers elle et elle me dit: « c’est trop haut, j’ai 90 ans, je pourrai tomber!» Tout en lui attrapant sa boîte de raviolis, je la regarde, étonnée et je lui réponds: « 90 ans? Vous ne les faites pas, vraiment! »
Puis son histoire commence. Elle me raconte avoir passé la matinée à pleurer, elle se sent seule. Le week-end dernier à Pâques, personne n’est venu la voir. Ni ses enfants, ni ses petits enfants. Ils habitent à plusieurs heures de Toulouse. Et son petit fils de 43 ans, qui est dans la même ville, même lui n’est pas venu. Elle me dit qu’elle aurait aimé les voir, peut-être pas tous à la fois, mais au moins l’un d’entre eux. Son cœur est lourd, sa voix si douce me répète: « À mon âge être seule … vous savez … »
Je lui explique que moi aussi j’ai connu la solitude, et qu’être jeune ne signifie pas forcément être entourée. Que parfois, il ne faut pas chercher à comprendre, il faut juste vivre. On se regarde. Elle me parle longuement de nombreux souvenirs et de son premier mari décédé pendant la guerre d’Indochine alors qu’elle avait 26 ans. Si jeune et déjà un tel traumatisme, une perte si lourde.

Je l’écoute, j’ai le temps, mon fils est à la crèche. J’ai le temps mais, au fil de la discussion, le sourire lui revient et elle veut déjà partir. On doit se séparer. « Je vous fait un câlin! » lui dis je. Et hop, dans les bras l’une de l’autre, elle qui a 3 fois mon âge. Peut-être 3 fois ma vie et des millions d’expériences au compteur. Tant de choses à partager.

Je souhaite tellement la revoir.

Elodie

Je suis Réunionnaise! Oté La Réunion

Billet doux

Billet d’où?

Cette année j’ai 30 ans! Sur ces 30 années, j’en ai vécu 8 loin de ma merveilleuse (en toute objectivité)  île natale. L’île de la Réunion.

NB (rode pas dezorde*) La Réunionnaise est toujours objective quand elle vous dit que son île est la plus belle, que son ananas Victoria est le plus sucré, que son sucre de canne est le plus roux et que le tout, est, en toute objectivité  : la crème de la crème ! Le meilleur.

Le fait d’être loin, un peu exilée, aide à oublier les malheureux défauts que, peut être (jure pas moins) nous avons. Des défauts, que seuls les Réunionnais peuvent pointer du doigt 😉 ! Évidemment.

Nous acceptons la critique, quand elle ne nous critique pas, et nous ne supportons pas la comparaison, avec d’autres (une autre) îles. Aussi proche (très proche) soit elle (ok Ou voi la! L’autre île parfaite)

Mais la je généralise, ah oui… Ça non plus on aime pas.

Nous, vous, enfin … tout le monde devrait pouvoir aimer mon île. La connaitre, y goûter nos mets.

Les letchis en fin d’année, eux aussi les meilleurs AU-MONDE. Tout le monde devrait avoir la chance de sentir cette douce odeur de sucre roux quand on quitte la ville de l’Etang Salé direction St Louis. Ah! Cette odeur sucrée quand le jour se lève, ou qu’une journée s’achève. Cette lueur sur la montagne, et ces couleurs uniques. Uniques vous dis-je! Uniques.

Entre les champs de cannes qui bordent cette route un peu déformée, à côté de l’usine sucrière, l’histoire de mon île s’écrit avec du sucre, du coton et du sel. (route déformée à mon époque, et aujourd’hui ?)

Ou, cette odeur de sel marin quand on approche le littoral St-Leusien. Ces matinées à l’entrée de la ville où, au loin, on croire voir du brouillard mais enfait c’est un nuage de sel extra fin, du sel pur qui se pose sur nos lèvres. Du sel pur.

Les parfums de mon île me manquent …

  • Jaime : 

Les voyages

les longues parenthèses

Les histoires gramounes*

Gros pois ek rogail la morue

Les avocats de La Réunion

Cuisiner

Les rires de mon bébé

Le métissage

Les blagues de mon mari

Ma famille

La contradiction

  • Je n’aime pas :

Les donneurs de conseils (mais j’en ai moi même de très bon)

Les huîtres

Faire la vaisselle, vraiment pas!

 

Et pour toi, c’est quoi être Réunionnais? Raconte à mwin

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Mon fils (2)

Je t’ai vu sursauter

Je t’ai vu avoir peur

Je t’ai vu chercher ma main dans le noir

Je t’ai vu t’apaiser, grâce, à une toute petite caresse

À des touts petits mots

Je te dis que je suis là, que je te protège, que je t’aime

je t’aimerai toute ma vie

Que je t’aime le matin, le midi, le soir

Lorsque je dors aussi

Il suffit d’un changement dans ta façon de respirer

Et je me réveille

Il suffit d’un mouvement inhabituel et je ne dors plus

Je te surveille

Comme à notre rencontre

Te souviens tu?

Je t’ai regardé les yeux pleins d’amour et d’admiration

je t’ai regardé et j’ai oublié de dormir

J’ai oublié de manger

J’ai oublié

Tu m’avais envoutée

Ce sort que tu m’as jeté

Je ne veux pas m’en défaire

Je veux seulement te rassurer

Te raconter comme ce monde est beau

Te dire que dehors le vent souffle, il agite les feuilles des arbres

Cette jolie danse tu pourra en profiter bientôt

Voir les fleurs, sentir leur parfum

Et découvrir notre monde,

Ce monde immense qui t’impressionnes parfois

Quand tu seras prêt, je le serai aussi.

Mon fils

À ta naissance, j’ai découvert l’amour inconditionnel. Quelque chose qui m’a complètement surprise et bouleversée, overwhelmed comme ils disent en anglais.

J’étais complètement submergée, dépassée par tant d’amour. Je ne savais pas qu’on pouvait tant aimer.

Et toi, à mon réveil je t’ai vu, enfin, je t’ai tellement attendu.

Nous étions 3 dans la pièce , ton père et ma maman. Mais, c’est vers moi que tu t’es tourné.  Vers moi. (Ca y est je verse ma larme) Tu m’as choisi, encore, tu me regardes et tu ouvres la bouche, tu la refermes, tu ouvres , tu continues et tu me fixes. Tu es calme.

Je suis surprise, tu as quelques heures, je ne sais plus combien, ma longue sieste après la césarienne ma déboussolée. Tu es tout petit, à peine 3 kilos et tant de volonté, tu y mets toute ta force, tu y  mets tout ton cœur, tu me parles.

Je demande à ta grand mère de regarder. Qu’est-ce que tu peux bien faire? Elle me dit que tu as faim. Ah bon? Il sait dire qu’il a faim! Il sait me choisir dans une pièce, il sait tourner la tête vers moi … Il sait dire qu’il a faim. Je suis surprise. Tu sais te faire comprendre et je ne peux pas ignorer les choses que tu sais dire.

C’était notre deuxième tétée et depuis, le jour comme la nuit, on ne les compte plus.